Arbre libérant du dioxyde de carbone la nuit : quel est-il et pourquoi ?

16 juillet 2025

Un arbre peut-il vraiment devenir une source de dioxyde de carbone la nuit ? Voilà une idée qui bouscule tout ce qu’on a appris enfant, quand on croyait que la forêt produisait de l’oxygène en continu. Pourtant, certaines plantes inversent la mécanique et libèrent du CO2 à la tombée du jour, révélant une facette moins connue de la vie végétale.

Parmi ces espèces, on retrouve des arbres familiers, capables d’adapter leur métabolisme dès que la lumière disparaît. Ce comportement particulier interroge sur leur place dans nos intérieurs et leur impact sur l’air que nous respirons, surtout dans les espaces restreints.

Lire également : Sable sous gazon synthétique : pourquoi son utilisation est-elle recommandée ?

Ce qui se passe vraiment dans les arbres la nuit : respiration, photosynthèse et échanges de gaz

Quand le soleil s’éclipse, le fonctionnement interne des arbres s’ajuste immédiatement. Privés d’énergie lumineuse, ils mettent en pause la photosynthèse. Plus de conversion du CO2 en oxygène : le cycle bascule, laissant place à la respiration. Ce sont alors les feuilles qui prennent le relais, absorbant l’oxygène de l’air et laissant s’échapper le dioxyde de carbone par les minuscules stomates. Ce mécanisme, partagé par la majorité des arbres de nos climats, permet de générer l’énergie indispensable à la survie cellulaire lorsque la lumière n’est plus là pour alimenter le système.

La nuit, la respiration s’accélère : les sucres accumulés le jour, grâce à la lumière, sont consommés pour produire de l’énergie. Ce processus libère fatalement du gaz carbonique. Ainsi, les arbres, champions de l’absorption du CO2 en journée, deviennent la nuit de modestes émetteurs de ce même gaz.

A découvrir également : Variété hybride : tout savoir sur ce croisement végétal innovant

Voici, schématiquement, comment s’organise ce ballet respiratoire :

  • En journée, le cycle de Calvin domine : absorption de CO2, production d’oxygène.
  • La nuit, la tendance s’inverse : l’arbre respire, absorbe de l’oxygène, et relâche du CO2.

Ce jeu d’alternance façonne la vie végétale. À côté de ce modèle dominant, quelques plantes sortent du rang. L’aloe vera, par exemple, fonctionne différemment et libère de l’oxygène une fois la nuit tombée. Mais pour la grande majorité des arbres, la règle reste simple : dès que le soleil disparaît, ils rejettent du dioxyde de carbone.

Pourquoi certaines plantes produisent de l’oxygène même après le coucher du soleil ?

Pour la plupart des végétaux, la recette ne varie pas : la lumière enclenche la photosynthèse, le CO2 est absorbé, l’oxygène relâché. La nuit, l’équation s’inverse. Pourtant, une poignée de plantes font exception et continuent à libérer de l’oxygène après le coucher du soleil. L’exemple de l’aloe vera revient souvent, tant cette plante d’intérieur s’est imposée dans nos foyers.

Le secret réside dans une stratégie adaptée aux milieux arides : la photosynthèse CAM (Crassulacean Acid Metabolism). Grâce à ce mode de fonctionnement, les stomates s’ouvrent la nuit, limitant ainsi la perte d’eau tout en absorbant le dioxyde de carbone. Ce CO2 sera utilisé ultérieurement, dès le retour de la lumière, pour produire de l’oxygène. C’est une réponse ingénieuse à la sécheresse, qui permet à certaines espèces de survivre là où d’autres peinent.

Plusieurs plantes illustrent cette mécanique :

  • aloe vera
  • orchidées
  • sansevieria
  • cactus

Ces plantes CAM ont la réputation d’améliorer la qualité de l’air nocturne, notamment dans les chambres. Leur effet reste modéré, mais elles offrent une présence végétale rassurante et contribuent à créer une atmosphère plus agréable, surtout dans les espaces confinés. Ce mode de fonctionnement, hérité de leur adaptation à la sécheresse, combine gestion économe de l’eau et libération d’oxygène la nuit.

Zoom sur les espèces qui améliorent la qualité de l’air nocturne

Il existe des plantes d’intérieur qui se démarquent par leur capacité à libérer de l’oxygène la nuit. Cette particularité, due à leur métabolisme CAM, concerne surtout des espèces issues de régions arides. Résultat : une légère amélioration de la qualité de l’air nocturne, un détail qui a son importance pour ceux qui souhaitent végétaliser leur chambre sans arrière-pensée.

  • aloe vera : référence parmi les plantes dépolluantes, elle stocke le dioxyde de carbone la nuit et diffuse de l’oxygène au lever du jour. Facile à cultiver, elle trouve sa place même sur un rebord de fenêtre.
  • sansevieria : résistante, graphique, elle tolère la pénombre et la sécheresse, tout en contribuant à la qualité de l’air grâce à son métabolisme nocturne.
  • orchidées (notamment Cattleya et Dendrobium) : au-delà de leur floraison, elles participent aux échanges gazeux nocturnes, même si leur impact reste discret.
  • cactus et crassulacées : ces succulentes, peu exigeantes, utilisent le même procédé et s’intègrent facilement dans une chambre.

Installer ces plantes ne dispense pas d’aérer régulièrement : elles ne remplacent pas un renouvellement de l’air, mais aident à instaurer un microclimat paisible. La diversité des espèces permet de composer un espace où la gestion du dioxyde de carbone nocturne se fait plus subtilement. Peu exigeantes, ces plantes trouvent leur place aussi bien dans les atmosphères humides que sèches.

Leur secret ? Des feuilles épaisses qui retiennent l’eau, des stomates fermés le jour et ouverts la nuit. Le résultat : une petite libération d’oxygène nocturne, qui, à défaut de transformer radicalement l’air d’une pièce, favorise une ambiance intérieure plus saine, sans bouleverser l’équilibre global du cycle du carbone.

arbre nocturne

Installer des plantes dans la chambre : bénéfices, idées reçues et conseils pratiques

L’idée d’installer des plantes dans la chambre ne cesse de diviser. Certains s’inquiètent de leur respiration nocturne et du dioxyde de carbone libéré, d’autres leur prêtent des vertus apaisantes, soutenues par les principes du feng shui et la quête de paix intérieure. Mais la réalité est simple : une ou deux plantes d’intérieur rejettent bien moins de gaz carbonique qu’un être humain en sommeil. Le risque d’altérer la qualité de l’air reste infime, et les craintes d’asphyxie relèvent du mythe.

Installer des plantes dans la chambre à coucher s’accompagne d’avantages concrets. Elles régulent l’humidité, captent certains polluants et offrent une présence végétale bénéfique au moral. Les espèces comme l’aloe vera et la sansevieria, adeptes du métabolisme CAM, libèrent même un léger supplément d’oxygène la nuit.

Conseils pour végétaliser sans fausse note

Quelques points de repère permettent d’intégrer harmonieusement les plantes dans la chambre :

  • Optez pour des plantes d’intérieur robustes, comme l’aloe vera, la sansevieria ou certaines orchidées.
  • N’accumulez pas les pots : une ou deux plantes suffisent pour une chambre standard.
  • Privilégiez des substrats bien drainants et surveillez la santé des feuilles pour éviter tout risque de moisissure.
  • Renouvelez l’air quotidiennement, même si la pièce est végétalisée.

Les plantes de chambre ne se limitent pas à l’ornement. Elles contribuent à façonner un environnement apaisant, sans bouleverser la composition de l’air nocturne. Il suffit de leur offrir une place adaptée, de gérer l’arrosage avec mesure et de veiller à l’aération, pour profiter pleinement de leurs atouts.

À la tombée de la nuit, la nature poursuit son œuvre, discrète et précise. Entre respiration et échanges de gaz, les arbres et les plantes d’intérieur rappellent que l’air que l’on respire n’a rien d’immobile. Peut-être suffit-il, parfois, de placer une feuille verte près de soi pour mesurer à quel point tout respire, même dans le silence de la chambre.

D'autres actus sur le site