Imaginer un olivier perdre ses feuilles, c’est comme voir un roc céder sous la pluie : inattendu et désarmant. Cet arbre, qui traverse les siècles et brille par sa résilience, déroute parfois les jardiniers lorsqu’il commence à se dégarnir. Sous la silhouette sage de ses branches, des signaux d’alerte viennent troubler la tranquillité du jardin ou du verger.
Derrière chaque feuille tombée se cache une raison concrète. Les explications ne manquent pas : la verticilliose, ce champignon discret mais ravageur, ou encore la mouche de l’olive, capable d’affaiblir même les sujets les plus vigoureux. À cela s’ajoutent les petits déséquilibres du quotidien : trop ou trop peu d’eau, manque de nutriments, chaque détail compte. L’olivier, s’il tolère la rudesse, n’est pas insensible à l’accumulation des contrariétés environnementales.
Les principales causes de la chute des feuilles chez l’olivier
Maladies et ravageurs
Certains fléaux agissent dans l’ombre. La verticilliose, une maladie fongique, s’attaque au système vasculaire, obstrue la montée de sève et finit par entraîner le dépérissement des rameaux. La mouche de l’olive, quant à elle, dépose ses œufs dans les fruits : les larves s’y développent, puisent dans la pulpe et, peu à peu, affaiblissent la vitalité de l’arbre. Repérer ces signes à temps permet d’intervenir avant que la situation ne s’aggrave.
Conditions environnementales
L’olivier sait encaisser, mais il a ses limites. Un excédent d’eau, et c’est l’asphyxie racinaire. Pas assez d’irrigation, et le stress hydrique s’installe. Pour éviter l’un comme l’autre, il faut viser la régularité. Les carences en azote, magnésium ou fer, elles aussi, se trahissent par une décoloration progressive avant que la feuille ne se détache. Adapter l’apport d’engrais selon les besoins réels devient alors un geste de prudence.
Conseils pratiques pour limiter la perte de feuilles
Quelques habitudes à adopter peuvent changer la donne et soutenir la vigueur de votre olivier :
- Inspectez régulièrement l’état du feuillage et des branches.
- Éliminez les rameaux touchés par la verticilliose dès leur apparition.
- Mettez en place des pièges à phéromones pour surveiller la présence de la mouche de l’olive.
- Gérez l’arrosage, ni trop ni trop peu, pour éviter toute fluctuation dangereuse.
- Adaptez la fertilisation aux carences identifiées, histoire de renforcer naturellement la résistance de l’arbre.
Un œil attentif et une réaction rapide, voilà ce qui fait la différence au fil des saisons, surtout face aux premiers signes de faiblesse.
Zoom sur les maladies et parasites de l’olivier
Verticilliose
Le champignon Verticillium dahliae s’immisce dans le bois, coupe la circulation de la sève et finit par provoquer le jaunissement puis la chute des feuilles. Pour en limiter la portée, mieux vaut surveiller tout flétrissement anormal et couper sans attendre les branches atteintes.
Mouche de l’olive
La mouche de l’olive (Bactrocera oleae) fait partie des ennemis les plus connus. Quand les femelles pondent dans les fruits, les larves s’installent et creusent des galeries, détériorant la récolte et sapant la vigueur de l’arbre. Installer des pièges à phéromones reste un moyen fiable de surveiller puis de limiter leur nombre.
Cochylis
La cochylis (Cacoecimorpha pronubana) cible les jeunes pousses et les fleurs, avec pour conséquence une floraison compromise et parfois une chute précoce des feuilles. Un contrôle régulier des nouvelles pousses permet d’intervenir promptement, en retirant les chenilles à la main dès leur détection.
Moyens d’action contre maladies et parasites
Pour limiter les dégâts, plusieurs stratégies peuvent être combinées :
- Optez pour des traitements fongicides en cas de verticilliose avérée.
- Anticipez l’arrivée de la mouche de l’olive en posant des pièges à phéromones dès le printemps.
- Traitez la cochylis avec des insecticides biologiques, en suivant scrupuleusement les recommandations.
La clé reste la réactivité et la régularité dans la surveillance pour ne pas laisser l’arbre s’affaiblir sans réagir.
Des gestes concrets pour prévenir la chute des feuilles
Un entretien suivi
L’entretien constant est le meilleur allié de l’olivier. Supprimer les branches mortes ou suspectes favorise une meilleure circulation de l’air et réduit les risques d’infection. L’arrosage doit rester mesuré : jamais d’eau stagnante, mais pas de sécheresse prolongée non plus. Un paillage organique protège le sol, conserve l’humidité et limite la concurrence des mauvaises herbes.
Sol adapté et fertilisation raisonnée
Un sol bien drainé évite la stagnation de l’eau, principal facteur de pourriture racinaire. Améliorez la terre avec du compost pour offrir une base riche et vivante. Côté fertilisation, l’idéal reste d’alterner entre apports printaniers (azote pour la croissance) et amendements d’automne (phosphore, potassium). Veillez à ne pas surdoser l’azote, qui favoriserait les maladies.
Limiter l’impact des parasites
Protéger l’olivier passe d’abord par une surveillance régulière. Installer des pièges à phéromones dès le début de la saison permet de détecter rapidement la mouche de l’olive. En cas de présence de chenilles ou de cochenilles, privilégiez les insecticides biologiques comme le Bacillus thuringiensis ou l’huile de neem, à utiliser selon les recommandations. Pour les cas de cochenilles, un savon insecticide complète efficacement le traitement.
Prévenir les maladies
Pour réduire les risques de verticilliose, choisissez des variétés robustes et mettez en place une rotation des cultures. Dès l’apparition des premiers indices d’infection, un fongicide spécifique s’impose. Un détail à ne pas négliger : toute blessure sur l’arbre devient une porte d’entrée pour les champignons, alors travaillez avec précaution.
| Action | Fréquence |
|---|---|
| Taille des branches | Annuellement |
| Arrosage | Modéré, selon les besoins |
| Fertilisation | Printemps et automne |
| Inspection des parasites | Mensuellement |
Adopter les bons réflexes pour garder un olivier vigoureux
L’arrosage, un équilibre à trouver
L’olivier tolère les étés secs, mais sa jeunesse réclame une attention régulière. Un arrosage ciblé, directement au pied, évite de mouiller le feuillage et limite la propagation des maladies. Durant les épisodes de forte chaleur, arroser tous les dix à quinze jours suffit généralement à maintenir l’arbre en forme.
Fertilisation et amendements pour booster la croissance
Une fertilisation bien dosée fait toute la différence. Privilégiez un engrais complet, adapté à l’olivier, pour soutenir la formation des jeunes pousses au printemps (azote) et le renforcement racinaire à l’automne (phosphore, potassium). Enrichir le sol avec du compost ou du fumier bien mûr améliore la structure et dynamise la vie souterraine.
- Au printemps, misez sur l’azote pour dynamiser la croissance.
- À l’automne, renforcez le système racinaire avec phosphore et potassium.
Maîtriser la taille
La taille, pratiquée après les gelées, façonne l’arbre et stimule sa production. Supprimez les bois morts, les branches malades ou celles qui se croisent, pour ouvrir la ramure à la lumière et à l’air. Une taille de fructification, en limitant le nombre de fruits, améliore la qualité de la récolte.
Préserver la santé de l’olivier
Pour limiter l’apparition des maladies, gardez à l’esprit quelques règles simples : évitez l’excès d’humidité, aérez la ramure, et, en cas de symptômes, privilégiez les solutions naturelles comme le soufre ou le cuivre. La prévention prime toujours sur la guérison.
| Action | Fréquence |
|---|---|
| Arrosage | 10 à 15 jours en période sèche |
| Fertilisation | Printemps et automne |
| Taille | Annuellement au printemps |
| Inspection des maladies | Régulièrement |
En prêtant attention à chaque signe, en adoptant des gestes simples mais réguliers, votre olivier garde toute sa superbe. Sous le soleil ou la pluie, il traverse les années, témoin silencieux de votre vigilance et de votre constance.


