Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre : que disent vraiment les étiquettes ?

30 août 2026

Jardinière lisant l'étiquette d'une boîte de bouillie bordelaise dans un potager avec plants de tomates

Le dosage de la bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau semble être une question réglée : la plupart des guides en ligne donnent un chiffre unique, souvent entre 10 et 20 g. Le problème, c’est que ce repère ne correspond pas toujours à ce qui est écrit sur l’emballage du produit que vous avez acheté. Deux sachets portant la mention « bouillie bordelaise » peuvent afficher des concentrations en cuivre différentes, des doses par litre différentes et des usages autorisés différents.

Concentration en cuivre : la variable que les guides en ligne ignorent

La bouillie bordelaise est un mélange de sulfate de cuivre et de chaux éteinte. Tous les produits commercialisés sous ce nom ne contiennent pas la même proportion de cuivre métal. Un produit dosé à 20 % de cuivre métal et un autre dosé à 25 % ne se diluent pas de la même façon pour obtenir un résultat équivalent sur la plante.

C’est la raison pour laquelle le dosage par litre dépend d’abord de la teneur en cuivre du produit acheté. Un guide qui recommande « 15 g par litre » sans préciser la concentration du produit de référence fournit une information incomplète, voire trompeuse.

Chaque produit vendu en jardinerie dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par les autorités françaises. Cette AMM fixe les cultures visées, les doses maximales, le nombre de traitements autorisés par saison et le délai avant récolte. La notice du fabricant prime sur tout repère générique trouvé en ligne.

Homme préparant un dosage de bouillie bordelaise dans une cruche graduée d'un litre sur une table de jardin en bois

Bouillie bordelaise pour 1 litre : lire l’étiquette plutôt qu’un tableau standard

L’étiquette d’un produit phytosanitaire autorisé en France contient plusieurs informations que les tableaux de dosage simplifiés ne reprennent jamais intégralement. Avant de peser votre poudre, vérifiez ces éléments sur l’emballage :

  • La teneur en cuivre métal exprimée en pourcentage, qui détermine la quantité réelle de substance active par gramme de produit.
  • La dose d’emploi indiquée en grammes par litre ou en kilogrammes par hectolitre, souvent différente selon la culture (vigne, tomate, arbre fruitier, pomme de terre).
  • Le nombre maximal d’applications par campagne et l’intervalle minimal entre deux traitements, deux paramètres rarement mentionnés dans les guides grand public.
  • Le délai avant récolte (DAR), qui varie d’un produit à l’autre et conditionne la date du dernier traitement.

Un jardinier qui applique un dosage trouvé sur un forum sans vérifier que son produit a la même concentration en cuivre risque soit un sous-dosage inefficace, soit un surdosage qui abîme le feuillage et charge le sol en cuivre.

Plafond annuel de cuivre : la contrainte réglementaire qui change le calcul

La bouillie bordelaise reste autorisée en agriculture biologique, mais avec des restrictions croissantes. Un plafond annuel de cuivre métal par hectare et par an encadre désormais son utilisation. Ce plafond ne figure pas toujours de manière visible sur les guides de dosage destinés aux jardiniers amateurs, alors qu’il a un impact direct sur la quantité totale que vous pouvez épandre sur une saison.

Ramené à l’échelle d’un petit potager, ce plafond semble lointain. En revanche, pour un jardinier qui traite régulièrement ses tomates, sa vigne et ses arbres fruitiers avec le même produit, la quantité cumulée de cuivre déposée au sol sur plusieurs années finit par poser un vrai problème. Le cuivre ne se dégrade pas dans le sol : il s’accumule, et au-delà d’un certain seuil, il perturbe la vie microbienne et la croissance racinaire.

Le dosage par litre n’est donc qu’une partie de l’équation. La question pertinente n’est pas seulement « combien de grammes dans mon pulvérisateur », mais « combien de grammes de cuivre métal mon sol reçoit-il cette année, toutes applications confondues ».

Vue de dessus d'un dosage de bouillie bordelaise avec boîte, cuillère doseuse, carnet de notes et cruche d'un litre sur table en bois

Dosage bouillie bordelaise selon les cultures : pourquoi un chiffre unique ne fonctionne pas

Les concurrents proposent souvent un tableau avec un grammage par culture. Ces valeurs peuvent servir d’ordre de grandeur, mais elles posent un problème de méthode : elles ne précisent presque jamais à quel produit elles se rapportent.

Un dosage de 6 g par litre pour les tomates a du sens avec un produit concentré à 20 % de cuivre métal. Avec un produit à 25 %, la même quantité de cuivre serait atteinte avec moins de poudre. Sans cette mise en correspondance, le tableau perd sa fiabilité.

Ce que l’étiquette indique culture par culture

L’AMM de chaque produit liste explicitement les cultures sur lesquelles il peut être utilisé. Un produit autorisé sur vigne et pomme de terre ne l’est pas forcément sur salade ou fraisier. Appliquer un traitement sur une culture non mentionnée sur l’étiquette revient à utiliser le produit hors cadre réglementaire, même dans un jardin d’agrément.

Les retours terrain divergent sur ce point : certains jardiniers traitent toutes leurs cultures avec le même dosage depuis des années sans constater de dégâts visibles. L’absence de symptôme immédiat sur la plante ne signifie pas que le sol n’accumule pas de cuivre au-delà des seuils recommandés.

Surdosage de bouillie bordelaise : les dégâts concrets au jardin et au sol

Un surdosage ponctuel provoque des brûlures sur les feuilles, reconnaissables à des taches brunes ou un dessèchement des bordures foliaires. Les jeunes pousses et les fleurs sont particulièrement sensibles. Sur tomate, un excès de cuivre peut ralentir la nouaison.

Les dégâts à long terme sont moins visibles mais plus durables. L’accumulation du cuivre dans les sols réduit progressivement l’activité des vers de terre et des micro-organismes qui décomposent la matière organique. Un sol chargé en cuivre devient moins fertile, ce qui est paradoxal pour un traitement censé protéger les cultures.

Pour limiter ce risque, deux pratiques simples :

  • Respecter le nombre maximal de traitements indiqué sur l’étiquette, même si la pression fongique semble forte.
  • Alterner avec d’autres méthodes préventives (paillage, taille aérée, variétés tolérantes au mildiou) pour réduire la dose totale de cuivre apportée chaque année.
  • Peser la poudre avec une balance de cuisine plutôt qu’à la cuillère, car une erreur de quelques grammes par litre se multiplie sur tout le pulvérisateur.

Le dosage de la bouillie bordelaise pour 1 litre ne se résume pas à un chiffre universel. La teneur en cuivre du produit, l’AMM spécifique, le type de culture et le cumul annuel au sol sont quatre paramètres indissociables. L’étiquette de votre produit reste le seul document fiable pour déterminer la bonne dose, et chaque changement de marque ou de formulation impose de la relire.

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